Comment lutter contre la précarité menstruelle chez les femmes ?

Sans-abris, immigrantes, étudiantes… Le coût des protections hygiéniques nécessite un budget que toutes les femmes n’ont pas. Certaines associations tentent de lutter contre cette précarité menstruelle avec des appels aux dons. Donner, c’est aider !

« Je prends souvent du papier journal quand j’ai mes règles… c’est une période que j’appréhende tout le temps. Comment je vais faire le mois prochain ? Je verrais ce qui me tombe sous la main », témoigne une sans domicile fixe. Comme elle, plus d’1,7 millions de femmes en France ont des problèmes d’accès aux protections hygiéniques. Selon des études, une femme dépense minimum 8 100 euros, au cours de sa vie, à cause de ses menstruations. Une somme importante et non-négligeable.

Comment lutter contre ce problème ? L’Ecosse a prit les devants et devient le premier pays à rendre les protections intimes gratuites pour les femmes. Voté mardi dernier par les députés écossais, ce projet de loi compte distribuer des serviettes et tampons hygiéniques dans des lieux dédiés, comme les écoles, les pharmacies, les clubs de jeunesses ou encore les centres locaux. Une initiative qui met un terme définitif à la précarité menstruelle dans ce pays. En France, plusieurs associations organisent des collectes pour aider au mieux ces femmes qui sont dans le besoin.

« Même une petite boîte de tampon, c’est super »

« Nous avons mis en place une collecte l’année dernière avec l’association Règles Élémentaires. On avait récolté pas mal de produits, c’est pourquoi cette année on a décidé de le refaire », explique Claire Moracchini, coordinatrice et conseillère au planning familial de Nice. Le centre LGBT de la Côte d’Azur et le planning familial de Nice s’unissent cette année pour faire un appel au don lors d’une collecte. Les personnes se rendent généralement sur place avec des petits sacs qui contiennent serviettes hygiéniques, coupes menstruelles, savons et shampoings… « même une petite boîte de tampon, c’est super », ajoute Claire Moracchini. Certaines donations sont envoyées à l’association Habitat et Citoyenneté. « Ils s’occupent de les offrir à des femmes en parcours de migration », précise la coordinatrice et conseillère. Les autres sont transmises au Secours Populaires pour « des personnes qui sont en précarité mais qui ne sont pas forcément immigrées ».

L’Association Entourage, qui vient surtout en aide aux sans-abris, organise également des collectes de protections hygiéniques. « On saute sur toutes les occasions pour aider les femmes en précarité », souligne Chaimaa Seddiki, chef du projet. Plus de 450 participations et 62 cartons remplis de produits ont été récoltés l’année dernière. Un succès pour toute l’équipe qui souhaite renouveler la collecte ce dimanche 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de la femme.

Un appel au don, mais pas que

« Les personnes peuvent venir déposer ce jour-là des produits d’hygiènes, de beauté, des sous-vêtements et des protections intimes. Tous les dons iront à deux autres associations : le SAPSA et Règles Élémentaires », explique-t-elle. Mais ce n’est pas tout. Les personnes qui ne peuvent pas se rendre sur place le jour de la collecte peuvent déposer, n’importe quand, leurs donations dans les boutiques de Tara Jarmon.

En partenariat avec cette marque et l’influenceuse Léna Simonne, l’association Entourage veut aller plus loin qu’un simple appel au don. « Nous voulons surtout créer une journée de rencontre, où ses femmes-là peuvent passer un moment convivial. Elles vont rencontrer d’autres personnes et seront chouchoutées. On va prendre soin d’elles », révèle Chaimaa Seddiki. Un espace rencontre est prévu autour d’un goûté ainsi qu’un espace de sensibilisation avec des associations présentes pour répondre aux questions et parler de leurs actions. Et enfin un espace avec plusieurs ateliers mis à disposition: jeux de société, tricot, maquillage, manucure… Un moment musical, avec des chanteuses acoustiques, est également attendu. Une journée de solidarité qui égayera la vie de ces femmes en situation de précarité.

Et dans les autres pays ?

Une université canadienne Mount Saint Vincent offre des protections hygiéniques à leurs étudiantes. En Inde, le gouvernement a supprimé la taxe sur les serviettes hygiéniques, une victoire pour 88% des femmes du pays. L’Angleterre aussi lutte contre la précarité menstruelle, l’association Action Hunger a décidé d’installer un distributeur automatique avec des tampons et serviettes, en libre-service, pour les sans-abris dans le besoin. Même si certaines actions sont mises en place, au Kenya, le cauchemar des femmes continu. Les échanges de serviettes hygiéniques contre des rapports sexuels sont très présents, surtout chez les jeunes filles.

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